1429
Remarque d’ordre général sur le calendrier
A l’époque de Jehanne d’Arc, la nouvelle année commençait le jour de Pâques. En 1429, le dimanche de Pâques étant le 27 mars, la nouvelle année s’ouvrait à cette date.
Par mesure de simplification, le millésime des années des différents calendriers présentés sur le site, retient le 1° janvier comme début de l’année. Ce nouveau style a été adopté en France en 1564 par l’édit de Roussillon. A noter que, dès l’an 532, le pape Libère avait fixé au 1° janvier le commencement de l’année. Ce mois était en effet le plus proche du 25 décembre.
Janvier 1429
Le 6 janvier, Jehanne a 17 ans. Elle quitte Domremy, au début du mois de janvier, peut-être après la fête de l’Epiphanie, pour aller à Burey-le-Petit, chez son « oncle » Durand Laxart.
Celui-ci était en fait son cousin germain par alliance. Il avait épousé Jeanne Le Vauseuil, nièce d’Isabelle Vouthon et donc cousine de Jehanne d’Arc. Jeanne Le Vauseuil venait de mettre au monde un enfant et allait faire ses « relevailles ». C’était à l’époque une occasion de réjouissances : la maman allait assister à la messe puis s’agenouillait devant l’autel pendant que le prêtre lisait l’évangile de la Purification de la Sainte Vierge. Un pain était ensuite béni puis donné à la maman « relevée » et partagé entre les invités au repas qui suivait.
Jehanne reste 8 jours à Burey-la-Côte avant de partir, peu après la mi-janvier, pour Vaucouleurs, distante de 16 kilomètres.
Jehanne demeura ensuite environ trois semaines à Vaucouleurs chez les époux Le Royer, de la mi-janvier à la mi-février. Le témoignage de Catherine Le Royer précise en 1456 : Jehanne « vint chez elle trois semaines par intervalles »
Notes :
- La date de départ de Jehanne de Domremy est l’objet de déductions fondées sur son départ de Vaucouleurs vers Chinon, sur le témoignage de Jehanne à son procès ainsi que sur les témoignages du procès en nullité. Nous optons pour la solution de 5 semaines environ entre le départ de Jehanne de Domremy et son départ de Vaucouleurs vers Chinon, le 13 février. La question soulevée par cette dernière date sera abordée dans la chronique de février 1429.
- La controverse porte également sur l’identification du village de Burey-le-Petit. Il existe en effet deux Burey dénommés aujourd’hui Burey-la-Côte à 12,5 kms et Burey-en-Vaux, à 4,5 kms de Vaucouleurs. Burey-le-Petit, appelé aujourd’hui Burey-la-Côte est toujours resté plus petit que Burey-en-Vaux qui s’appelait auparavant Burey-le-Majeur ou Burey-la-Grande. Nous optons pour Burey-la-Côte.
- Il y a également une contestation sur la durée du séjour de Jehanne à Burey. Jehanne déclare le 22 février 1431 lors de son procès être restée 8 jours chez son oncle. Cependant ce dernier témoigne en 1456, lors de l’enquête menée en Lorraine, que Jehanne séjourna dans sa maison pendant six semaines, mais sans préciser s’il s’agit d’un ou de plusieurs séjours ni l’époque. Nous optons pour le témoignage de Jehanne.
Au début du mois, Jehanne, munie d’un sauf-conduit, quitte Vaucouleurs à cheval et en habit d’homme, pour rencontrer à Nancy Charles II, duc de Lorraine. Elle lui conseille de quitter Alison du May et de reprendre son épouse légitime, Marguerite de Bavière.
A la cour de Charles II, Jehanne fait la connaissance de René Ier, duc de Bar et d’Anjou. Ce dernier, époux d’Isabelle de Lorraine, héritière de Charles II, est le beau-frère du Dauphin Charles. René d’Anjou deviendra duc de Lorraine et de Bar, au décès de son beau-père Charles II, en janvier 1431.
Jehanne se rend ensuite en pèlerinage à Saint-Nicolas-de-Port, proche de Nancy.
Mercredi 9 : mercredi des Cendres, début du Carême, Jehanne est de retour à Vaucouleurs, chez les époux Le Royer.
Samedi 12 : Jehanne annonce à Baudricourt la défaite de l’armée du Dauphin à Rouvray-en-Beauce, dite « Journée des harengs ». Baudricourt décide de l’envoyer au Dauphin munie d’une lettre mentionnant la révélation par Jehanne de la défaite des troupes royales.
Dimanche 13 : « dimanche des Bures », premier dimanche de Carême, Jehanne quitte Vaucouleurs pour Chinon. Elle est accompagnée de Jean de Metz et de son serviteur Julien, de Bertrand de Poulengy et de son serviteur Jean de Honnecourt, de Richard l’archer et de Colet de Vienne, messager du Dauphin.
Jehanne porte un chaperon noir, un pourpoint noir, une épée à la ceinture, une robe courte de gros gris noir, des chausses, des housseaux, des souliers lacés et des éperons.
De Vaucouleurs à Chinon, la petite troupe parcourt en 11 jours près de 150 lieues, soit environ 600 kilomètres, voyageant de jour, parfois de nuit. Quatre étapes sont connues avec certitude : l’abbaye de Saint-Urbain (proche de Joinville), Auxerre, Gien et Sainte-Catherine-de-Fierbois (30 kilomètres à l’est de Chinon).
Mardi 22 : arrivée à Sainte-Catherine-de-Fierbois, Jehanne envoie un courrier au Dauphin pour savoir si elle sera reçue à Chinon. Elle lui annonce qu’elle vient à son secours et qu’elle saura le reconnaître au milieu de beaucoup d’autres (cf. Procès : 27 février 1431).
A Sainte-Catherine-de-Fierbois, Jehanne entend trois fois la messe, en un jour (cf. Procès : 27 février 1431).
Mercredi 23 : Jehanne fait son entrée à Chinon vers midi, descend dans une hostellerie de la ville et demande une audience au Dauphin.
Vendredi 25 : après avoir été interrogée par des conseillers du Dauphin, Jehanne est admise à entrer au château.
Les témoignages des gentilshommes de l’escorte de Jehanne ayant levé les dernières hésitations du Dauphin, celui-ci accepte enfin de la rencontrer.
On sait comment Jehanne reconnaît le Dauphin qui se cache au milieu des grands seigneurs de la Cour.
Jehanne est logée dans la grosse tour du Coudray, sous la garde de Marie de Maillé, femme d’une grande piété et épouse de Guillaume Bellier, majordome du roi et capitaine du château de Chinon. Le chevalier Jean d’Aulon et le page Louis de Coutes sont chargés de sa protection.
Jehanne prie souvent dans la chapelle Saint Martin accolée à la tour du Coudray.
Note :
- La date de départ de Jehanne de Vaucouleurs et donc celle de son arrivée à Chinon sont controversées. Ainsi la Chronique du Mont-Saint-Michel dit que « … le VIe jour de mars, la Pucelle vint au roy » ; mais le Registre du greffier de La Rochelle, contemporain de l’épopée de Jehanne dit « … le XXIIIe jour dudit mois de février vint devers le Roy qui était à Chinon une Pucelle … laquelle avait nom Jehanne … ».
Cependant ces chroniques comportent, comme d’ailleurs l’ensemble des chroniques et témoignages de cette époque, de nombreuses inexactitudes.
Nous retenons comme date de départ le 13 février, « dimanche des Bures », en raison notamment du témoignage de Jean de Metz. Celui-ci déclare, en effet, le 31 janvier 1456, lors de l’enquête menée en Lorraine à l’occasion du Procès en Nullité, que : « … vers le dimanche des Bures – il y aura vingt-sept ans au prochain dimanche des Bures à venir, lui semble-t-il – le témoin et Bertrand de Poulengy … conduisirent cette Pucelle au roi … »
